Voici le texte du slam d’Hélène Sylvain qu’elle nous a présenté en ouverture de notre Assemblée Générale Annuelle. Pour l’écouter cliquez sur le lien suivant :
https://youtu.be/e5qbl8ktiVI?si=7EZHh5ybRLvQzl1x
Les espèces envahissantes
Occupent de plus en plus d’espace.
Au-delà de l’agrile du frêne, de la tique et de la carpe,
Y en a une plus habile et sans gêne qui nous handicape.
De mémoire, elle est la plus envahissante.
Elle s’étale et cannibale les autres
Avec un taux de croissance sans égal.
Elle est facile à reconnaitre.
Elle se tient en général sur deux pattes,
Souvent ornée d’un noeud cravate,
Parle plutôt fort, l’air de savoir,
Se maintient dans les petits pourcentages
Et détient tous les gros avantages.
C’est une espèce envahissante qui fait peur,
Comme les ouragans et les feux de forêt.
Elle ravage tout, jusqu’à notre sécurité intérieure.
Un vrai goulot d’étranglement.
Ça fait qu’on reste aux aguets, on serre les rangs
Et pendant qu’on serre les dents,
Elle nous saigne à blanc,
À fond le boulot (bouleau)
Comme dans une sale coupe à blanc.
Coupe « baby » coupe!
C’est écrit noir sur flanc :
Le capitalisme envahit nos vies
Et érige en maitres du monde
Des mâles alphas,
Du genre boys club
Qui perpétuent le règne des malfrats,
Tels des microbes
Qui se propagent comme une mafia.
Osons le dire : Que crève le capitalisme
Pour qu’on arrête de crever!
Pendant que les forêts brulent,
Et que l’eau se fait rare,
Même sans les canicules,
Les espèces en voie de disparition aussi souffrent.
Elles s’annulent, comme nous, dans un souffle sur l’habitat, ouf
Et tout en dedans, ça nous tortu-re,
Car-i-bou-leverse notre environnement,
Axphysie la vie bel…ouga
Et que dire du Grand gaz o Duc D’Amérique,
Et de sa rein-ette faux grillons,
Plus fort. Ça suffit!
Ils perdent leurs royaumes
Et petit à petit, la vie s’embaume.
Ne me parlez plus de gros bon sens.
Il n’y a de gros que le sens
Donné au pouvoir de l’argent
À qui nous laissons pouvoir et puissance.
Ça fait qu’au fur et à mesure,
Ça nous rentre dedans.
La loi de la démesure
Nous donne envie de foutre le camp
Pour du bon, du beau, du sur mesure.
Pour du collectif,
En boutures de résistance,
Pour du constructif
En pelures d’alliance,
Pour du réveil massif
En maillures de confiance,
Entremaillées les uns et les unes aux autres.
Comme du tissé métissé bien serré,
Comme du tissu social en sécurité,
Dans le respect de nos droits
Et par choix de la liberté.
L’action collective, c’est notre porte de sortie
Pour une entrée vers la tendresse et la dignité.
Avec courage et amour, on va résister fort,
À pleine tête. On va résister à tue-tête!
Note:
Hélène Sylvain est membre engagée de longue date à Attac Québec et a remporté le concours national de slam-poésie Québec/France

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