Francis Waddell
Se reconnaître comme privilégié dans notre société n’est pas toujours facile. Les barèmes changent, évoluent et surtout, ne sont pas compris de tou.te.s Lorsque nous voyons l’itinérance grimper en flèche au Québec[i] depuis la pandémie et les morts qui y sont directement reliés, nous pouvons facilement comprendre que la majorité de la société est mieux nantie que ces personnes qui dorment dans la rue. Lorsque nous apercevons une personne quitter sa demeure d’une valeur de 1,6 million avec son bateau pour naviguer sur la rivière Richelieu, nous pouvons aussi nous dire que cette personne est plus privilégiée que la classe moyenne descendante et les moins bien nantis. Ensuite, il y a les ultrariches que nous apercevons parfois à la télé ou à l’université puisqu’ils ont donné de l’argent pour construire un nouveau pavillon, par exemple. Cependant, lorsque nous regardons les nouvelles internationales, nous devons admettre qu’ici ce n’est pas parfait, mais qu’il nous reste une paix sociale, une qualité de vie qui n’est pas vécue par 3,6 milliards de personnes sur cette planète[ii]. Les guerres, les réfugié.e.s climatiques, l’Intelligence artificielle et j’en passe, nous guettent, certes, mais nous pouvons encore prendre l’avion à l’aéroport de Montréal pour visiter, découvrir le Portugal ou même, nous évader de notre réalité en payant pour un tout inclus en République dominicaine. Comment garder espoir devant toutes ces réalités et ces incohérences puisque même les plus ancien.ne.s et sages de notre société comme Bernard Derome et Laure Waridel lors d’un entretien à l’UQAM le 22 avril 2025[iii], s’inquiètent de l’avenir qu’offre notre société à leurs enfants et petits-enfants,
Garder espoir et se mobiliser
Comme le mentionnait Marc-André Dufour[iv] : « Pour espérer nourrir une mobilisation positive et massive, il faut d’abord raviver l’espoir.» C’est sincèrement en ce sens qu’il faut regarder ce qui se passe au Québec et dans les groupes mobilisés, soit pour freiner un projet destructeur du vivant, soit pour réaliser un projet structurant et respectueux de la démocratie et de la vie, ou encore des groupes qui agissent pour revendiquer un monde meilleur. Oui, cela existe au Québec! Ça donne espoir puisque présentement la droite se donne des tribunes et du pouvoir. Cela signifie aussi que la gauche (re)commence à s’organiser devant des menaces, des projets de loi et des projets de société qui vont à l’encontre des valeurs démocratiques dont la société s’est dotée au courant des 60 dernières années. Peut-être que les privilégié.e.s que nous sommes prenions pour acquis que le confort était éternel. Non seulement il faut établir des communautés positives comme le Bâtiment 7, LESPAMAKER (Atelier de fabrication communautaire), les écovillages, les regroupements de citoyen.ne.s, les coalitions comme le Front commun pour la transition énergétique ou la Coalition Québec meilleur mine ou les organismes comme la Ligue des droits et libertés du Québec, les Trovep (Table régionale des organismes volontaires d’éducation populaire), le Mépaq (Monvement régional des organismes volontaires d’éducation populaire). Toutes les personnes qui s’impliquent dans ces organismes me donnent espoir, car c’est le contre-pouvoir qui s’articule en défendant le vivant ou en créant des alternatives anticapitalistes. C’est entre autres parce que nous ne sommes pas seuls que nous pouvons garder espoir et agir. Il faut rêver et agir ensemble. Il faut comprendre que la beauté du monde ne se trouve pas dans les paris sur le sort et les horreurs du monde[v], la beauté du monde ne réside pas seulement dans nos écrans, mais bien auprès des gens qui nous entourent.
Vivons, créons des communautés solides et soyons le contre-pouvoir!
[i] https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2245054/itinerance-montreal-laval-laurentide-rapport
[ii] https://www.inegalites.fr/L-extreme-pauvrete-dans-le-monde-ne-recule-plus
[iii] https://ieim.uqam.ca/remise-des-bourses-stages-scotia-ieim-2025-entretien-bernard-derome-laure-waridel/
[iv] https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2025-05-02/faire-basculer-le-monde-vers-l-espoir.php
[v] https://www.ledevoir.com/economie/techno/946041/paris-ligne-guerres-cours

Francis Waddell est un citoyen engagé dans plusieurs sphères de la société. Il milite pour une transition socio-environnementale afin de léguer un monde durable et plus juste à nos enfants. Il est curieux et aime apprendre et créer. Il est primo-romancier, conférencier, chargé de projet, idéateur de projet et bénévole pour des projets citoyens. Il est membre d’Attac-Québec depuis 10 ans.

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