Le courage d’espérer
Antoine Tantin et Léa Renaud Écouter le slam : Imperceptiblement, le monde se décolore, et dans la fadeur de la bienséance, la haine s'envole une fois encore, dans une infernale... En savoir plus →

La parole aux membres
Pour lutter contre l’anxiété et le découragement que génère le contexte politique et environnemental actuel, l’Aiguillon a donné la parole à des membres militants d’Attac. Une question a été posée : « Dans le contexte actuel , vous, qu’est-ce qui vous donne espoir ? » Le bulletin rend compte de la variété de leurs réponses.
Dans le billet du CA, la réponse d’Antoine Cantin (et Léa Renaud) est venue sous forme d’un slam et d’un extrait de poème du XIXe siècle. Ils évoquent le chaos actuel pour souligner ce qui nourrit la haine, mais surtout pour célébrer quelques lueurs discrètes, fragiles, mais qui subsistent. Ce sont les étincelles de l’espoir qui subsistent pour rappeler que l’espoir n’est pas constitué de grands discours, mais de petites attentions. L’espoir refuse la résignation, mais pour qu’il règne il faut le courage de lutter, de résister et de ne jamais se résigner.
Pour Wedad Antonius, ce qui donne espoir c’est de voir des ultrariches prendre conscience des inégalités fiscales qui les favorisent. Elle répond à la question par une entrevue avec Claire Trottier, héritière d’une famille très fortunée. Après des études et une carrière scientifique, en 2019 elle décide de s’impliquer publiquement pour lutter pour plus de justice fiscale. Elle devient présidente de Patriotic Millionnaires Canada, un mouvement fondé par des ultrariches qui soutiennent l’idée de taxer la richesse.
Suite à l’élection de Trump, elle cofonde le collectif Bienvenue pour soutenir les demandeurs d’asile obligés de s’exiler pour des raisons politiques. Devant les menaces et les atteintes à la démocratie, elle lance la fondation Euphrosine dédiée au renforcement de la démocratie et des droits humains. Elle reconnait que beaucoup de gens sont découragés, «… nous sommes dans une période de bascule…» les choses peuvent changer très rapidement, pour le meilleur et pour le pire. »
Chloé Guillemette répond à la question par deux mots pragmatisme et action. Sa recette pour lutter contre l’éco anxiété « s’impliquer dans des actions citoyennes », mais surtout se déplacer en vélo « quand je suis sur mon vélo les meilleures idées surgissent. Pédaler pas seulement pour être active, mais pour rencontrer l’autre. Être ouverte aux autres, toujours active, la tête dans un projet et moteur de changement dans sa communauté. « En bref, déplacements actif et heureux, amitiés de communauté, impact sur ma communauté et relations significatives me donnent de l’espoir. »
Le texte de Pierre Alarie surprend. Suite à la lecture du livre de Nicolas Langelier, Ce qu’on trouve dans la cendre, texte d’un réalisme brutal, qui affirme qu’il « faut mettre fin à l’espoir irréaliste et nostalgique d’un temps révolu qui ne reviendra pas ». Devant un monde qui s’effondre, le déni ou la fuite ne sont pas la solution « il faut parler de courage ou d’engagement », répondre par la joie parce que « la joie ne nous empêche pas d’être lucide. La joie, il s’en dégage abondamment quand on fait communauté dans l’engagement ».
Malgré le constat des inégalités et des incohérences qui déchirent le monde actuel, Francis Waddell veut rester optimiste en regardant ceux qui agissent positivement. En refusant de se laisser gagner par le pessimisme et la démobilisation ambiants, il tourne son regard vers les organismes qui construisent des communautés positives. Ceux qui s’impliquent pour défendre le vivant ou en créant des alternatives anticapitalistes.
Agir ensemble parce que « la beauté du monde ne réside pas seulement dans nos écrans, mais auprès de ceux qui nous entourent ».
Jean Philippe Viau, professeur d’expérience au niveau primaire, était curieux de savoir comment les jeunes vivaient le climat actuel politique et environnemental. Il leur a demandé d’écrire quel était leur espoir pour leur futur. Il en a résulté des réponses assez surprenantes pour des jeunes de 5e et 6e année âgés entre 11 à 13 ans d’origine diverse. Ce sont des extraits de leurs réponses qu’il nous présente.
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