Pierre Alarie
Ce texte je l’écris sous l’élan de réflexions suite à la lecture du livre de Nicolas Langelier, Ce qu’on trouve dans la cendre. Tout autour de moi, des gens, pourtant sensibilisés à l’urgence climatique, sont sous le choc à sa lecture. Ce texte est d’un réalisme brutal. Il nous met en pleine face la proximité de l’effondrement de la société.

Ce texte m’a fait du bien. Eh oui. Enfin, un auteur qui ose affirmer qu’il faut arrêter de parler d’espoir. Cet espoir irréaliste, nostalgique d’un temps révolu qui ne reviendra plus. Cet espoir qui nous mène au désespoir par manque de résultats positifs. Ça fait des années que je me sens à contre-courant en déclarant que je suis pessimiste devant l’avenir écologique, surtout en ajoutant la montée de l’autoritarisme. On m’a tellement répondu par l’espoir, auquel je devrais croire. Ma réponse était « un pessimiste est un optimiste informé ». Maintenant, cette lecture me permettra d’affirmer que je suis un réaliste plutôt qu’un optimiste ou un pessimiste.
Réaliste parce que le monde connu va se dégrader et ne reviendra pas. Réaliste parce que le déni ou la fuite n’est pas la solution. À défaut d’espoir, l’auteur nous parle de courage et d’engagement.
Un engagement envers nos communautés. Un engagement guidé par nos valeurs, par nos convictions. « Agir parce que c’est juste, pas parce que c’est efficace. La valeur est là, dans le geste juste, pas dans son résultat ».
Il faudra du courage pour désobéir. « Il faudra apprendre à désobéir. À dire non à ce qui détruit, à ce qui déshumanise, à ce qui nous éloigne les uns des autres ».
Donner du sens dans un monde qui s’effondre. Répondre par la joie. La joie ne nous empêche pas d’être lucide. « Je suis encore vivant, et je choisis d’aimer cette planète, même brisée ». Et de la joie, il s’en dégage abondamment quand on fait communauté dans l’engagement. « Vivre pleinement ce temps qui reste, en accord avec vos valeurs, en tentant de faire le bien autour de vous » Nicolas Langelier.
PS : En finissant la lecture du livre de Langelier, je me suis précipité à l’écoute du dernier disque de Vulgaires Machins, Contempler l’abîme. Je le recommande fortement pour activer la joie et l’énergie malgré les propos d’effondrement.
Pierre Alarie est un ex-syndicaliste à la retraite. Il suis impliqué dans plusieurs organisations et membre d’ATTAC-Québec depuis une vingtaine d’années .Il s’intéresse particulièrement à la justice sociale et environnementale.

Les commentaires sont fermés.